Une dernière saison en fête

Après douze années passées à la direction de la Maison de la Culture, ce dernier édito est une occasion de vous saluer et de vous remercier de votre fidélité et de votre confiance : un projet artistique ne peut exister sans le soutien et l’adhésion du public. En observant ces douze saisons écoulées, je ne peux que constater, avec beaucoup de bonheur et d’émotion, la formidable aventure artistique que nous avons menée ensemble. Vous étiez 22 000 à mon arrivée, et aujourd’hui vous êtes plus de 50 000 à venir aux spectacles de la Maison. Par ailleurs, le cinéma et les expositions trouvent de plus en plus leur public. Ensemble, nous avons permis la création ou la production de cinquante et un spectacles qui ont sillonné la France mais aussi l’Europe et le monde. Une famille artistique s’est installée à Amiens et nous avons écrit avec eux quelques belles pages de l’histoire de la Maison de la Culture. Je ne vais pas les citer, la liste serait trop longue, mais je profite de ces quelques lignes pour les remercier et leur adresser ma gratitude et mon amitié pour ces merveilleux et riches moments que nous avons partagés. La création et la production sont l’identité de cette Maison, qui reste un des beaux établissements en France et en Europe, toujours dans l’esprit d’André Malraux. L’an dernier, la célébration de notre cinquantième anniversaire en a été le témoignage.
Des partenariats européens se sont mis en place et nous travaillons aujourd’hui avec de nombreuses structures allant de Berlin à Zagreb, de Lisbonne à Bergen…
Malgré les dettes à mon arrivée (que nous avons presque fini de rembourser) et les diminutions de subventions qui ont fragilisé notre activité, nous avons pu sauver le Label Bleu, producteur de près de 250 albums, et un des fleurons de la discographie Jazz européenne. Le label continue et nous réserve certainement encore de belles surprises et de nombreux succès.
Le festival Art, Villes et Paysage créé en 2010, grâce au soutien de l’État, d’Amiens Métropole et des entreprises, s’épanouit. Ces huit éditions nous ont permis de créer dans les Hortillonnages, un patrimoine de quarante huit œuvres, et comme pour la production de spectacles, de nombreux emplois artistiques et techniques ont été créés. Le festival trouve également un avenir avec une extension dans les Hauts-de-France, soutenu par la nouvelle Région : il se développera dès cette année le long de la Somme et l’année prochaine dans de nombreuses villes, dans les Parcs et Jardins, mais aussi par la réalisation de quinze à vingt Jardins de la Paix en collaboration avec la Mission du Centenaire de la Grande Guerre. Avant la fin de l’année,  nous créerons trois jardins dans la ville de Téhéran avec laquelle nous avons signé un contrat de coopération culturelle.
J’ai voulu cette dernière programmation plus festive mêlant esprit et plaisir. Quelques grands rendez-vous à ne pas manquer – la Comédie-Française avec 20 000 lieux sous les mers de Jules Verne, de nombreux cirques dont Plume, Éloize…, un opéra La Travatia, de merveilleux musiciens Arcadi Volodos, le Philharmonique de Radio France, Jérémie Rhorer… et des créations qui structurent notre saison ; la production reste au cœur de notre activité. J’espère que vous viendrez nombreux découvrir ce programme et que vous aurez le même plaisir à le déguster que nous avons eu à le préparer.
Je souhaitais remercier nos tutelles, sans qui rien n’aurait été possible. Il faut parfois se montrer combattif et pugnace, car la Maison demeure fragile. Je remercie encore nos partenaires chefs d’entreprises et responsables de fondations pour leur engagement à nos côtés. Je remercie enfin chaleureusement l’ensemble de l’équipe de la Maison de la Culture, le Conseil d’administration et son président Thierry Kirscher qui m’ont accompagné toutes ces années avec conviction.
La devise de notre Maison pourrait-être : «rêver, imaginer, inventer et changer le monde, à notre manière».
Une page se tourne, une autre aventure m’attend, la vie continue différemment mais je sais que ces quelques années communes resteront essentielles dans ma vie.
Gilbert Fillinger