Genre: Théâtre – Tribu / creation – coproduction

DÉSORDRES

CÉDRIC ORAIN, COMPAGNIE LA TRAVERSÉE
Du Tuesday 3 au Thursday 5 November
Petit Théâtre

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Crises d’adolescence

Après Le Journal de Maïa, Cédric Orain poursuit son exploration sensible de l’adolescence, cette fois en grand format. Entre désir d’émancipation, pression du groupe, du collège et des parents, Désordres plonge au cœur des tempêtes intérieures de cinq jeunes en rupture. Leur punition ? Faire du théâtre, sur ordre de la Conseillère Principale d’Éducation. De bagarres en éclats, de disputes en révélations, le spectacle interroge avec justesse et énergie ce moment fragile où l’on cherche qui l’on est, où l’on se cogne au monde en essayant d’y trouver sa place. Une comédie nerveuse et touchante sur les vertiges de grandir.

Audiodescription jeu 5 nov à 14h30 et 18h30 + visite tactile des décors en amont

 

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Éducation, avenir, transmission
Les sociologues de l’éducation Margot Déage & François Dubet analysent les tensions entre jeunesse et institutions avec le metteur en scène Cédric Orain et le lycéen Amjad Brik.
Que transmettrons-nous aux futures générations ?
MER 4 NOV • 19H > Réserver
TARIF PARLEMENT

À propos de Désordres, mis en scène par Cédric Orain

Il y a vingt-cinq ans, la série The Wire m’avait convaincu qu’une fiction dramatique pouvait être très supérieure aux meilleures analyses sociologiques. The Wire rendait compte d’une complexité et d’un ensemble de paradoxes que la sociologie finissait toujours par réduire au nom de l’objectivité des mécanismes sociaux.

Désordres donne le même sentiment, celui d’accéder à la réalité par la fiction, celui d’être plus vrai que nature. Les embrouilles font lien : on ment, on triche, on menace, on fuit, mais on ne dénonce pas. Sans cesse, il faut sauver sa face comme si elle était toujours menacée par les autres, par les adultes et, plus encore, par les copains qui ne sont pas vraiment des amis. Les amours juvéniles et le conformisme scolaire sont des faiblesses. Tout conduit à ne pas jouer le jeu scolaire, d’autant plus que les familles et la rue en rajoutent à la pression pendant que les professeurs et la CPE s’épuisent en vain. Mais en même temps, c’est dans cet espace que l’on existe et l’élève exclu qui déteste l’école passe ses journées devant le collège.

Comment sortir de ces embrouilles et comment sortir de soi pour essayer de grandir ? Comment échapper aux stéréotypes et aux images qui enferment et détruisent ? Ce n’est certainement pas par l’introspection et la confidence. Paradoxalement, c’est en devenant un autre que soi par le théâtre que les élèves échappent aux jeux de la face et des embrouilles, qu’ils peuvent se saisir eux-mêmes et, paradoxalement, qu’ils échappent au poids du regard des autres.

François Dubet, sociologue, professeur émérite à l’Université de Bordeaux, directeur d’études de l’EHESS

Dialogue avec
– François Dubet, sociologue, professeur émérite à l’Université de Bordeaux, directeur d’études de l’EHESS

– Margot Déage, sociologue, maîtresse de conférences à l’Université Grenoble Alpes, enseignante à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE)

– Cédric Orain, metteur en scène

– Amjad Brik, lycéen

– Animation : Catherine Courtet, Direction de la communication et de la médiation scientifique et culturelle de l’EHESS et Romaric Daurier, Maison de la Culture d’Amiens

Désordres plonge au cœur des tempêtes intérieures de cinq jeunes.

Les rumeurs, les étiquettes, les moqueries et le regard des autres élèves fabriquent les réputations. Les embrouilles sont autant un enfermement qu’un lien, une manière d’être ensemble. Jouer le jeu scolaire semble s’opposer au désir d’émancipation. Mais comment échapper aux images qui enferment et détruisent ? Comment échapper aux stéréotypes liés au genre, aux origines sociales ou à la couleur de peau ? Comment réguler les violences ? Comment construire des relations de confiance entre les enseignants et les élèves ? Comment apprendre ? Comment grandir ?

En auscultant la vie au collège, le théâtre, les enquêtes sociologiques et les témoignages nous aident à comprendre la complexité des vies d’adolescents.

Les intervenants
Margot Déage est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Grenoble Alpes, enseignante à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE) et chercheuse au Laboratoire de Recherche sur les Apprentissages en Contexte (LaRAC). Elle s’intéresse à la fabrique des réputations à l’adolescence et aux violences de genre qui en découlent. Elle a notamment publié À l’école des mauvaises réputations. Les relations entre élèves et leurs risques à l’ère du numérique (PUF, 2023) et dirigé l’étude (Cyber)violences de genre chez les 11-18 ans. Victimations sexistes, sexuelles et LGBTphobes (Centre Hubertine Auclert, 2025).

François Dubet est sociologue, professeur émérite à l’université de Bordeaux. Derniers ouvrages publiés : Le mépris, Émotion collective, passion politique, Seuil, 2025 ;  L’emprise scolaire (avec Marie Duru-Bellat), Presses de Sciences PO, 2025 ; Populismes. Pourquoi la démocratie ne convainc plus. Editions de l’Aube, 2026.

Cédric Orain se forme d’abord aux mathématiques appliquées. Il suit ensuite une formation d’acteur, puis fonde la compagnie La Traversée. Il s’intéresse tout d’abord aux textes qui ne sont pas initialement destinés au théâtre. Il adapte des œuvres d’Antonin Artaud, Gilles Deleuze, Valère Novarina ou Pascal Quignard, en cherchant le point de rencontre entre pensée, parole et corps. Une démarche d’écriture au plateau lui permet de faire naître ses spectacles en dialogue avec les interprètes, la lumière, le son et la scénographie. Puis Cédric Orain a commencé à écrire ses propres textes pour explorer des motifs qui questionnent notre rapport à la norme ou à l’ordre imposé. Ses créations comme Disparu, Silêncio, Corps Premiers, Enfants sauvages ou Le Journal de Maïa témoignent d’un théâtre à la fois sensible et profondément ancré dans le réel. Les textes sont écrits à partir d’histoires vraies, de témoignages, de documentaires, d’articles de presse, de travaux sociologiques, historiques, scientifiques etc… Ces sources nourrissent une écriture théâtrale, fictionnelle et poétique.

 

 

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Répétition publique
Dans le cadre de la résidence de création du spectacle, la compagnie vous ouvre ses portes le 22 OCT à 18h : venez vous immiscer dans les secrets de la répétition (entrée libre sur inscription) • Suivi d’une Carte blanche de Cédric Orain au Cinéma Orson Welles

© Clément Foucard

Credits
Production

Avec l’aimable soutien du Théâtre national de Strasbourg pour le prêt de costumes.

Production La Traversée Coproductions Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production | scène nationale, Le Bateau Feu – Scène Nationale Dunkerque, Tandem Scène nationale / Théâtre d’Arras, La Faïencerie-Théâtre de Creil, scène conventionnée Art en territoire Avec le soutien Théâtre Paris-Villette, Le Vivat – Scène conventionnée d’intérêt national art et création d’Armentières, Théâtre des 2 Rives | Ville de Charenton, Théâtre du Beauvaisis – scène nationale, Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC. et Région SUD, Métropole d’Amiens et La Croisée Hauts-de-France.

La compagnie bénéficie du soutien du Ministère de la Culture – Direction régionale des affaires culturelles Hauts-de-France au titre de l’aide aux compagnies conventionnées. Elle est soutenue par la Région Hauts-de-France pour ses projets. Cédric Orain a bénéficié pour la rédaction de la pièce Désordres d’une bourse et d’une résidence d’écriture à la Villa Marguerite Yourcenar, Département du Nord