Musique de scène méconnue, composée en 1773 par un Mozart à peine âgé de 17 ans, Thamos Roi d’Égypte, séduit par la puissance théâtrale de sa partition ainsi que la portée symbolique d’un livret inspiré par les idéaux franc-maçons.

Dans ce drame historique commandité par le baron Tobias Philipp von Gebler, futur grand-maître d’une Loge franc-maçonne viennoise, Mozart met son génie musical et dramatique au service d’un livret proposant, à travers une série de chassés-croisés amoureux et de tortueux complots politiques, la lutte plus essentielle entre ombre et lumière, ténèbres et renaissance. Mise en scène avec beaucoup de modernité par Damien Chardonnet-Darmaillacq, grâce notamment à l’usage de la vidéo, et magnifiée par la fraîcheur et la précision de l’Orchestre National de Lille, cette œuvre de jeunesse, qui préfigure sur bien des plans La Flûte enchantée, opéra majeur s’il en est, composé lui en 1791, sort avec éclat de l’anonymat où le temps la tenait injustement confinée.

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