Le Tambour de soie, un Nô moderne

Le Tambour de soie
un Nô moderne

Danse I Théâtre

création
Semaine d’art en Avignon, Chapelle des Pénitents blancs
du 23 au 26 octobre 2020

 

mise en scène et chorégraphie Kaori Ito & Yoshi Oïda
texte Jean-Claude Carrière inspiré de Yukio Mishima
musique Makoto Yabuki
lumières Arno Veyrat
costumes Aurore Thibout
couleurs textiles Aurore Thibout & Ysabel de Maisonneuve
collaboration à la chorégraphie Gabriel Wong
collaboration à la mise en scène Samuel Vittoz

avec Kaori Ito, Yoshi Oïda & Makoto Yabuki

 

 

Production déléguée Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création et de production
Production Compagnie Himé
Coproduction Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville, Paris
Avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS
La compagnie Himé est soutenue par le Ministère de la Culture – DRAC Île-de-France, par la Région Île-de-France et le Département du Val-de-Marne.
L’Association Himé reçoit le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’ensemble de ses projets.
Kaori Ito est artiste associée à la Mac de Créteil, au CENTQUATRE-PARIS et en compagnonnage artistique avec KLAP Maison pour la danse.

 

AVANT-PREMIÈRES

La Maison de la Culture, Amiens
les 2 & 3 mars 2020

CRÉATION

Semaine d’art en Avignon,
Chapelle des Pénitents blancs
du 23 au 26 octobre 2020

DISPONIBLE EN TOURNÉE SUR LA SAISON 2021-2022

TOURNÉE 2020-2021

Festival La Bâtie, Théâtre du Bordeau, Saint-Genis-Pouilly
les 12 & 13 septembre 2020

Semaine d’art en Avignon, Chapelle des Pénitents blancs
du 23 au 26 octobre 2020

Théâtre de la Ville, Espace Cardin, Paris
du 29 octobre au 1er novembre 2020

Maison de la Culture d’Amiens
les 17 & 18 décembre 2020

Théâtre Ducourneau, Agen
le 26 février 2021

Théâtre Kléber Méleau, Renens (Suisse)
du 21 au 25 avril 2021

 

Présentation

Une légendaire histoire du théâtre Nô, dont s’inspire Jean-Claude Carrière, portée par la rencontre de deux artistes japonais exceptionnels que sont Kaori Ito et Yoshi Oïda.

Inspiré par la pièce de théâtre Nô Aya no Tsuzumi 綾鼓 et de son adaptation par Yukio Mishima, le spectacle conte l’histoire d’un vieil homme qui en nettoyant le plateau d’un théâtre, tombe en admiration devant une danseuse qui répète sur scène son spectacle. Cette femme plus jeune lui semble inaccessible. La jeune femme lui tend un tambour japonais, en lui disant que s’il arrive à le faire sonner, elle sera sienne. Elle se prépare à répéter la danse de la folie, issue du répertoire traditionnel japonais, au son du tambour, mais le vieil homme essaie de le faire sonner sans succès. La surface du tambour est en soie et la mission, impossible, conduit le vieil homme désespéré à une terrible issue. L’homme couvert de sang réapparaît et vient hanter la jeune femme tel un fantôme vivant.

 

Note d’intention

“J’ai rencontré Yoshi à Paris il y a presque 10 ans. Il m’a fascinée car j’ai trouvé « un japonais complètement libre ». Jusqu’à aujourd’hui, il est toujours mon ami proche et mon maître.
Il a vécu l’avant-guerre, l’après-guerre et maintenant l’iPhone. Il est un grand acteur renommé de Peter Brook et continue de réaliser ses rêves. Nous avons travaillé ensemble pour le projet Yumé qui est inspiré d’une histoire de Nô Matsukazé.
Aujourd’hui, il a 87 ans et il est très en forme. Il continue d’apprendre beaucoup de choses et j’apprends énormément de lui sur la vie, le travail et le Japon.

Nous avons ce désir commun de créer une pièce à nous deux, d’être sur scène ensemble et peut-être que ce sera notre dernière aventure.

Le projet est inspiré d’une pièce de théâtre Nô. C’est l’histoire d’un vieil homme qui nettoie les jardins d’un palais et qui tombe amoureux d’une princesse. La femme lui fait passer un tambour japonais et lui transmet le message, « Si vous pouvez le faire sonner, je suis à vous ». Il essaie mais il n’y arrive pas car la surface du tambour a été remplacée par de la soie. L’homme se suicide et revient hanter la femme. Nous avons choisi avec Jean-Claude Carrière de nous inspirer d’une version adaptée de cette histoire par Yukio Mishima qui était un grand ami de Yoshi. Dans sa version, la femme dit à la fin « comme en rêve : Je l’aurais entendu s’il avait frappé une fois de plus. »*

Ce qui nous intéresse dans cette fable, c’est une histoire de transmission entre une femme qui se sent déjà vieillir et un homme âgé qui se sent encore jeune.”

— Kaori Ito

* Traduit par Marguerite Yourcenar, Le Tambourin de soie, Cinq Nô modernes de Yukio Mishima © Éditions GALLIMARD

 

Kaori Ito

Née au Japon, Kaori Ito étudie le ballet classique dès l’âge de 5 ans. A 20 ans, elle part à New York pour intégrer la section danse de l’Université Purchase. Elle étudie ensuite à l’Alvin Ailey Dance Theater après avoir obtenu un diplôme de sociologie à Tokyo. Kaori Ito a été interprète notamment pour Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, Alain Platel, James Thierrée et Aurélien Bory avant de se lancer elle-même dans l’aventure chorégraphique. Artiste polymorphe, elle réalise également des vidéos, des peintures et collabore régulièrement au théâtre et au cinéma (Edouard Baer, Denis Podalydès ou Alejandro Jodorowsky).
En 2013, Les Ballets C de la B produisent sa création Asobi et en 2016, elle crée Puedo Flotar ? dans le cadre d’une commande du BANCH – Ballet national du Chili. Entre 2015 et 2018, elle développe une trilogie autobiographique Je danse parce que je me méfie des mots (duo avec son père – 2015), Embrase-Moi (performance avec son compagnon – 2017) et Robot, l’amour éternel (en solo – 2018). Elle reçoit le prix Nouveau talent chorégraphie de la SACD et est nommée Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

photo © Gregory Batardon

 

Yoshi OïDA

Yoshi Oïda est un acteur, metteur en scène et écrivain japonais, né en 1933 à Kōbe. Oïda a une maîtrise en philosophie de l’université de Keio. Il se fait d’abord connaître au Japon en 1953 : télévision, cinéma et théâtre contemporain. Il collabore avec Yukio Mishima.
Invité en France par Jean-Louis Barrault en 1968, il y travaille avec Peter Brook. Il participe à ses plus célèbres spectacles au Théâtre des Bouffes du Nord. Il joue aussi au cinéma pour Peter Greenaway (The Pillow Book) et écrit sur le théâtre trois ouvrages théoriques, traduits en plusieurs langues : L’Acteur flottant, L’Acteur invisible et L’Acteur rusé.
À partir de 1975, parallèlement à son métier de comédien, Yoshi Oïda met aussi en scène du théâtre, des opéras et de la danse (Fin de partie de Samuel Beckett, Les Bonnes de Jean Genet, Nabucco de Verdi, Don Giovanni de Mozart, War Requiem de Benjamin Britten, La Frontière de Philippe Manoury, etc).

 

 

Technique
Durée : 1h
7 personnes en tournée
Pré-montage + montage à J-1
Démontage à l’issue de la dernière représentation
Transport décor en camion 14m3

© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage
© Christophe Raynaud de Lage

Sur la genèse du
Tambour de Soie

Yoshi : « pour moi, c’est de la danse », Kaori : « tu crois ? Moi je pense que c’est plutôt du théâtre », tous deux : «Disons que c’est un Nô d’aujourd’hui».

Je connaissais Yoshi Oïda depuis longtemps pour l’avoir vu régulièrement dans les spectacles de Peter Brook. Nous sommes devenus amis à l’époque où j’ai invité Peter Brook et ses comédiens à présenter la pièce Tierno Bokar, dans le cadre de Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture.

Immense acteur, metteur en scène de talent, Yoshi Oïda est aussi l’incarnation d’une mitoyenneté éveillée entre Japon et Occident, entre deux théâtres, deux cultures, deux façons d’habiter le monde. C’était une évidence et un honneur de pouvoir l’accompagner le moment venu. Dès que j’ai été nommé à la Maison de la Culture d’Amiens, j’ai donc dit à Yoshi que, s’il avait un jour une envie de théâtre, il fallait qu’il m’en parle.

C’est ce qu’il a fait un matin d’hiver 2019 en m’écrivant sur son téléphone « now I have project » (Yoshi parle en français mais il écrit le plus souvent en anglais), suivi d’un autre message plus explicite, c’était le mercredi 20 mars 2019, « Kaori Ito, me and a Japanese musician want to tell a story from Noh theatre at beginning of 2020. Could you take it?? I am looking for your answer. Thank you »

L’idée qu’il travaille avec Kaori Ito était une chance et une seconde évidence. J’appréciais Kaori pour l’avoir rencontrée à plusieurs reprises et vue magnifiquement danser, notamment dans Plexus d’Aurélien Bory. Yoshi et Kaori voulaient que ce projet soit un acte de transmission en soi, un dialogue entre générations mais aussi entre le théâtre et la danse. Yoshi voulait aller vite, prétextant de son âge -je dirais plutôt de son impatience- pour ne pas perdre de temps. Je les rencontrais, afin de bien comprendre leurs intentions et d’examiner immédiatement la faisabilité dans le calendrier imparti. Nous tombions d’accord sur ce projet que Yoshi vint expliquer à l’équipe de la Maison de la Culture dès le printemps.

Ce serait donc une pièce inspirée à la fois du Nô original (Aya no tsuzumi 綾鼓 Le tambour de serge, ou de damas), mais aussi de l’adaptation qu’en a fait Yukio Mishima dans Le Tambourin de soie, l’un de ses Cinq Nô modernes, texte que nous connaissons en France grâce à la belle traduction de Marguerite Yourcenar. Yoshi parle souvent de Mishima qu’il a bien connu et qu’il considère comme un mentor d’où cette filiation explicite. À partir de cette déclinaison contemporaine, il voulait en reprendre et transposer l’intrigue en la situant dans un théâtre. Il souhaitait en confier l’adaptation à Jean-Claude Carrière, ami de toujours, qu’il invitait tout naturellement à prendre part à cette entreprise, comme un clin d’œil à l’autre maître, Peter Brook. Le musicien Makoto Yabuki viendrait enrichir le plateau de ses instruments traditionnels. Quant au tambour, le tsuzumi mutique, on découvrait qu’il ressemblait fort… à un sablier.

La Maison de la Culture est un pôle européen de création et de production. Nous choisissons de soutenir et d’accompagner des créations d’artistes en production déléguée, animés par le désir de s’embarquer ensemble dans une aventure. C’est donc une nécessaire connivence et une compréhension réciproque qui préside à cet engagement autour d’un projet que nous allons défendre, partager et faire vivre sur d’autres scènes. Pour une maison habitée par son ouverture au monde, par le dialogue entre héritage et nouvelles écritures contemporaines, par l’interpénétration des cultures et des arts, et par des artistes qui explorent notre humanité, Le Tambour de Soie est, en conséquence, cette troisième évidence. Nous allions rapidement en convenir avec le Festival d’Avignon, le Centquatre – Paris et le Théâtre de la Ville – Paris.

Au début de la pièce, le vieil homme enlève du plateau la servante. Il remet à la fin l’accessoire, cette lampe, toujours allumée, qui nous rappelle que, même au plus fort de la crise, la salle est vide mais le théâtre n’est jamais absent.

Laurent Dréano
Directeur de la Maison de la Culture – 2 avril 2020