Artiste associée à la MCA, que retenez-vous de votre rencontre avec le public amiénois?
Un pur bonheur. J’ai rencontré un public avec une énergie débordante, plein de vie et désireux de partager avec moi un parcours, qu’il soit de proximité, d’échanges mais aussi de spectacles.

“ Il y a une affinité fondamentale entre l’œuvre d’art et l’acte de résistance ”, au regard des thèmes abordés dans vos créations que vous inspire cette citation de Deleuze ?
L’œuvre d’art c’est d’abord ce qui reste au-delà d’une simple existence. Quand il s’agit de danse la question est plus floue. Je pars du principe que l’œuvre existe et résiste donc dans le corps de celui qui l’a vécue, qu’il soit interprète ou spectateur. Les derniers enjeux de mes créations partent, du monde politique, social, environnemental
dans lequel nous évoluons aujourd’hui. Ensuite je m’interroge sur ce que l’œuvre peut générer comme forme de résistance. La danse, le corps, pourraient être ce point de départ quasi infini comme l’alternative possible à un monde liberticide.

Injustice sociale, urgence climatique, quête d’alternative au monde actuel… Que peut la danse pour éveiller les consciences ?
Je ne sais pas au fond si l’enjeu actuel est d’éveiller les consciences sur des sujets qui sont plus que jamais abordés dans tous les médias. En revanche, je crois à la puissance des corps, à leur capacité d’incarnation, de connexion, de toucher, au charnel, à l’énergie qui circule, au souffle. C’est ce que nous danseurs nous savons faire. Et je crois qu’il est important de proposer des formes aujourd’hui pensées pour que le public soit invité à se reconnecter à cela.

On vous retrouvera plus tard dans la saison avec La Cité (éphémère) de la danse. Pourriez-vous nous présenter ce projet ?
C’est dans la lignée de ces idées présentées précédemment, qu’avec La Maison de la Culture d’Amiens nous nous lançons dans la mise en place d’un temps fort intitulé La Cité (éphémère) de la danse le 12 juin 2021. Durant tout un après-midi, La Maison sera investie de toute part, et les publics seront invités à traverser des performances à proximités, collectives, intimes, qui convoqueront leurs sens, et la notion de soin.
En d’autres termes, nous rendons visibles un savoir-faire de la danse : le care («prendre soin»), et nous le partageons au public sous forme de performances et d’installations partout dans le théâtre. Beaucoup d’amateurs du territoire seront invités à participer !