Pilar Albarracín

Recuerdos de España (Souvenirs d’Espagne) | installation

du 15 novembre au  20 décembre
vernissage vendredi 15 novembre — 19h

Pour sa 39e édition, le Festival International de Film d’Amiens met à l’honneur l’Espagne et invite l’artiste Pilar Albarracín à investir la Maison de la Culture d’Amiens du 15 novembre au 20 décembre 2019.
À travers photographies, installations et performances filmées, Pilar Albarracin explore la culture andalouse, son folklore et ses traditions, en tant qu’archétype hispanique. Recourant à la satire et l’ironie, l’artiste déconstruit, par la parodie et la dérision, l’image d’une « espagnolité », construction d’une identité commune culturelle, politique et sociale.

La grande installation murale Muro de geranios (2005) se sert de l’esthétique traditionnelle typique de cette région du sud de l’Espagne, comme ces patios peints à la chaux blanche emplis de pots de fleurs, pour bouleverser notre vision rêvée de l’Andalousie et procurer un sentiment d’étrangeté.

L’image de la femme comme instrument ou comme projet est également l’un de ses thèmes de prédilection. Instrumentalisées, les andalouses en représentation de la culture espagnole, deviennent des attractions touristiques comme dans les cartes postales, objets de consommation et de diffusion culturelle, collectées par Pilar Albarracín et dans lesquelles elle s’incorpore elle-même, immobile, pour son œuvre Recuerdos de España (2009).

Pour la performance filmée Musical Dancing Spanish Dolls (2001), l’artiste en chair et en os se confond parmi des poupées habillées en robe de flamenco. Pilar Albarracín, comme piégée dans un monde miniature, figé et inquiétant, révèle une image fantasmée de la femme espagnole réduite à l’état de jouet touristique.

Enfin le Flamenco, « ce qu’il y a de plus espagnol en Espagne » , d’après la voyageuse anglaise Emmeline Stuart Wortley (1806-1855), est un élément récurrent de son imagerie artistique. Cette pratique esthétique et culturelle semble incarner parfaitement les jeux de pouvoir à l’œuvre dans une société pleine de contradictions : culture traditionnelle et culture de la consommation, état et identités minoritaires, machisme et libération de la femme sont autant de problématiques qui se confrontent et se répondent. La performance Le Duende volé (2012), humoristique et enjouée, représente et dénonce ces dualités essentielles et intrinsèques à la culture andalouse contemporaine.

Née à Séville, capitale de l’Andalousie, où elle a grandi et étudié, Pilar Albarracín (1968) est aujourd’hui l’une des artistes les plus en vue de la scène contemporaine espagnole. Son travail, qu’elle pratique entre Madrid et Séville, est essentiellement axé autour de la performance et ses modes de monstration (vidéos, photographies) ou d’installations monumentales.

L’œuvre de Pilar Albarracín a été très remarquée lors de la première Biennale Internationale d’art contemporain de Séville dont le commissaire était Harald Szeemann – qui l’avait également exposée l’année précédente au PS1-MoMA de New York, puis lors de la 51e Biennale de Venise en 2005. L’artiste a également participé à la première Biennale de Moscou en 2005.

Le travail de l’artiste a fait l’objet d’importantes expositions personnelles, comme à La maison rouge / Fondation Antoine de Galbert de Paris en 2008, au musée Picasso en 2014, à La Tabacalera à Madrid en 2018 et au MAIIAM Contemporary Art en Thaïlande en 2019.

Pilar Albarracín a également participé à d’importantes expositions collectives en France et à l’international parmi lesquelles actuellement : Le Rêve d’être artiste au Palais des Beaux-Arts de Lille jusqu’au 6 janvier 2020, El hecho alegre. Una mecánica popular de los sentidos à la Casa Encendida à Madrid ou encore récemment Picasso et l’exil aux Abattoirs de Toulouse.

Pilar Albarracín est représentée par la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris depuis 2008 et par la Galerie Filomena Soares à Lisbonne depuis 2005.

© Pilar Albarracin, La Revolera Prensa, 2012, ADAGP