David Gray se voit confier un paquet à n’ouvrir qu’en cas de décès. Sa vie déjà somnambulique bascule alors. Il va dans un château noyé dans la brume où la fille du châtelain semble possédée. Le livre contenu dans le paquet révèle qu’en fait elle est vampirisée par une certaine Marguerite avec la complicité du médecin qui la soigne.
Dreyer qui admirait le Nosferatu de Murnau, voulait en reprendre les principes formels et notamment le style de lumière où l’opposition noir/blanc était une métaphore visuelle de la lutte du bien et du mal. Mais la pellicule fut voilée, faisant apparaître les choses et les êtres dans un univers blanchâtre et indistinct. Dreyer décida alors de faire du résultat de cette erreur le principe formel et émotionnel d’un film inclassable, car chez Dreyer le surnaturel jouxte le naturel. D’où cet étrange sentiment devant le film d’être entre deux mondes. Lenteur, rareté des paroles, relief sonore, tout concourt à nous engluer dans un univers purement cinématographique.
Chez Dreyer, le surnaturel ne s’ajoute pas au naturel, il en fait partie.
(Barthélemy Amengual)

