La compagnie amiénoise Éclats d’états dirigée par Emmanuel Jorand-Briquet poursuit sa recherche poétique et pluridisciplinaire en abordant, pour sa nouvelle création, l’un des textes majeurs de l’écrivain russe Fédor Dostoïevski, Le rêve d’un homme ridicule. D’aussi loin qu’il se souvienne, cet homme a toujours eu le sentiment d’être ridicule jusqu'à ce que finalement tout lui soit devenu égal. Une enfant noyée de larmes le supplie de venir aider sa mère. Il refuse mais est envahi par le doute. Sombrant dans le sommeil, il rêve d’une créature qui le conduit par delà l’espace et le temps sur une étoile d’où il contemplera la terre faite d’amour et d’harmonie. Au contact de ses habitants, il prendra conscience de la part de mensonge en lui et des souffrances infligées à l’humanité par l’intérêt, l’orgueil, la propriété, le désir… À son réveil, persuadé d’avoir entrevu la vérité, il décide de parcourir le monde et de prêcher pour l’harmonie et la paix, dût-il passer pour ridicule… Mais tout innocent ne paraît-il pas ridicule ? L’homme rasséréné part à la recherche de la petite fille.
Divisé en trois parties, ce spectacle, tantôt comique, tantôt grinçant, reprenant à son compte les grandes thématiques qui traversent l’œuvre de Dostoïevski, est un songe entre fiction et réalité à la découverte de l’innocence et de la justice. Il réaffirme que, dans un monde malmené, cynique et individualiste, l’innocence n’est pas pure nostalgie. Une affirmation d’optimisme qui engage à l’action et à la responsabilité et qu’ont décidé de porter haut les artistes de la compagnie Éclats d’états, en toute innocence…


