Une jeune étudiante multiplie les petits boulots. Suite à une annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort pour être regardée par de vieux messieurs qui ne doivent nullement abuser d’elle. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé.
Romancière australienne mondialement connue et reconnue, Julia Leigh réalise un premier film au scénario étonnant qui n’est pas sans rappeler le magnifique roman de Yasunari Kawabata, Les belles endormies. Sous l’aspect quasi glacial de la réalisation, se profile un «conte de fée» pervers qui se double d’une satire distanciée de la société capitaliste et machiste. Cela pourrait être aussi une étrange et troublante variation de la figure du vampire que l’image de ces hommes âgés se repaissant de la beauté et de la jeunesse. Sans voyeurisme dans la mise en scène, alors que c’est l’un des thèmes du film, avec un regard quasi clinique sur les corps et leur marchandisation, Sleeping beauty est un étrange objet vénéneux.
Une cinéaste est née, qui rappelle Bunuel et Lynch. (Le Nouvel Observateur)

