Troubles optiques, inversement des perspectives, fils tendus, murs mous, porte qui circule et objets chasseurs d’humains… le nouveau spectacle de Boris Gibé et Camille Boitel, Les Fuyantes, est un enchantement des sens et de l’esprit. Ludique et défiant les lois communes, on ne sait, dans ce spectacle, si ce que l’on voit est du domaine de la réalité ou de la fiction, et si la fiction ne dépasse pas la réalité ou… encore plus tordu, si la réalité ne dépasse pas la fiction… Boris Gibé, dont les parcours insolites dans les hortillonnages d’Amiens ont ravi les foules, évoque dans ce nouveau projet répété pendant plusieurs semaines à la Maison de la Culture d’Amiens, avec humour et une certaine ironie, la métaphore d’un monde absurde, déshumanisé, sans aucun repère tangible et sensible. Cinq sujets, acteurs acrobates danseurs, tous caméléons, fabriquent et évoluent dans un espace de plus en plus clos et de plus en plus dingue, tantôt acteurs, tantôt victimes de la micro-société qu’ils fabriquent sous nos yeux. Dans cette caverne «high tech», à faire pâlir d’envie Platon, les croyances sont inversées, bouleversées, d’autres points de vue émergent, un autre monde se dessine. Mais quelle est la part du vrai et du naturel dans cette orgie actuelle de l’image et du regard ?
Dans la ligne de fuite des Fuyantes, des corps racontent une histoire sans histoire et sans mot mais avec son et espace, une langue nouvelle, une «novlangue» mutante se dessine et se déploie dans le mince espace qui sépare la scène de la salle. En toute irréalité, virtuosité et virtualité !

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne.
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