Il faut vraiment être dinde pour se farcir un tel dindon ! Pourquoi donc être fidèle quand l’autre ne l’est pas ? Anciens amants, nouveaux soupirants, épouses outragées, ex-maîtresses, débarquent inopinément chez Vatelin, le mari de la vertueuse Lucienne, elle-même en proie aux assiduités du maladroit Rédillon et de l’infatué Pontagnac ! Et quand, en plus, deux épouses se liguent pour se venger d’époux incapables de les tromper tout à fait, les situations, plus rocambolesques les unes que les autres, s’enchaînent ! Mais Le Dindon de Georges Feydeau est bien plus qu’un simple vaudeville, il s’aventure dans les méandres de la folie, restituée avec une précision implacable et affolante, il déjoue sans cesse le réel, truffé d’erreurs, de quiproquos et de simulation, le tout tenu par une langue vive, acerbe, ingénieuse et tranchante.
Alors, qui trompe qui ? Qui sera le dindon de la farce ? Lequel de tous ces coqs remportera le combat de la basse-cour ? On assiste à un jubilatoire renversement des rôles : les mâles sont ici de purs objets sexuels que les femmes utilisent pour se venger. En tout cas, s’il en est un qui est fidèle, c’est Feydeau… Fidèle à l’infidélité ! Philippe Adrien nous prouve que le rire ne lui fait pas peur, il enchaîne les actes dans un tourbillon, laissant à peine le temps aux spectateurs de reprendre leur souffle. Rien d’étonnant à ce que ce spectacle ait été nommé quatre fois pour les Molières car il faut dire aussi que le directeur du Théâtre de la Tempête a magistralement réussi sa distribution, tant c’est un régal de les voir faire leur métier avec grand art !
« On sort halluciné du Dindon de Feydeau mis en scène par Philippe Adrien. C’est à l’écriture même du texte que nous fait assister la mise en scène virtuose de Philippe Adrien aidé par une troupe où tous excellent d’humour, d’originalité, de vérité. » Fabienne Pascaud - Télérama


