Mimi Le Meaux, Dirty Martini, Julie Atlaz Muz, Kitten on the Keys, Evie Lovelle… drôles de noms pour de drôles de dames dont l’homme de la troupe s’appelle Rocky Roulette ! La joyeuse bande révélée par le film de Mathieu Amalric, Tournée, arpente d’un succès ravageur les scènes d’Europe, fascinant, enchantant, troublant tous les publics.
Des pin-ups tatouées, outrageusement excentriques et maquillées, s’effeuillent dans les règles de l’art, s’inspirant de la grande époque des cabarets de Pigalle et des pin-ups des années 50, mais en revisitant le genre à leur façon, exécutant des strip-teases burlesques, comiques, décalés et drolatiques. Et ça dépote ! S’inscrivant dans la culture américaine, ce cabaret désamorce l’érotisme pour en faire un spectacle parodique. Synthèse entre le show girl, l’individualisme américain et la satire politique, manifeste féministe louchant sur l’esthétisme «drag-queen cheap», le Cabaret New Burlesque n’est pas politiquement correct du tout ! Le corps nu, hors normes et crânement assumé, les formes généreuses en étendard, d’étranges «pompons» virevoltant sur les tétons, les strip-teaseuses du new burlesque renversent joyeusement les valeurs et pas que… Corsets somptueux, boas, éventails de plumes, talons vertigineux, ces ultra-féminines féministes se réapproprient leurs corps avec une jubilatoire liberté, et s’amusent !
« Ces demoiselles ont l’aplomb des Salomé de saloon qui, mieux que Calamity Jane, injecteraient naguère un peu de féminité dans la conquête de l’ouest. Elles jouent aujourd’hui sur les codes de la société américaine qu’elles se plaisent à parodier : trop de glamour, de blondeur, de rousseur, et gags érotico-outrageous appuyés jusqu’à la caricature. »
Ariane Bavelier - Le Figaro


