Michele vit seul avec son fils à Rome. Il lui reste ses amis dont Fabio qui les persuade de monter un nouveau spectacle théâtral d’avant-garde, en passant par un «entraînement psychique et physique». Ses discours abscons, son désir de faire participer le public à sa création laissent son entourage dubitatif. De son côté, Michele cherche toujours l’âme sœur.
Au moment où Nanni Moretti prépare son nouveau film, au sujet du Pape, et après le virulent Caïman, il semble opportun de voir ou revoir ses premières réalisations. Dès Je suis un autarcique, son premier film tourné en super 8 avant d’être gonflé en 16mm, Moretti crée un personnage, Michele, qu’il interprète lui-même. Michele est intransigeant, individualiste, mais inscrit dans la vie sociale et politique. Installant un ton entre comédie et mélodrame, Moretti exprime avec humour et tendresse les angoisses de sa génération, ses utopies et ses loufoqueries.
C’est un film gai, enthousiasmant, détonnant, qui remue les montagnes, défonce les barrières, libère le cinéma des ghettos où on l’enferme.
Thérèse Giraud (Les Cahiers du cinéma)

