Hubert Minel n’aime pas sa mère. Du haut de ses seize ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards et sa décoration kitsch. Il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa mère. Confus par cette relation amour-haine, Hubert vit une adolescence à la fois typique et marginale : découvertes artistiques, expériences illicites, ouverture à l’amitié, au sexe, à l’ostracisme.
Primée trois fois à Cannes cette année, dont le prix décerné par la SACD, cette première réalisation d’un très jeune auteur québécois aura été l’une des révélations du festival. Sur le mode de la fiction autobiographique, le film s’attache à décrire les fluctuations d’affects entre une mère et son fils, festival d’amour-répulsion aux dialogues acérés. Passant sans ambages d’un ton de comédie à des scènes violentes, telle celle d’un passage à tabac homophobe. il y a une certaine virtuosité dans ce film d’un jeune homme de vingt ans.
Une forme mêlant librement naturalisme des dialogues, imagerie pop, et clins d’œil à Wong Kar-wai. Découverte stimulante.
Les Inrockuptibles

