Ivanov, c’est monsieur tout le monde. Il porte le nom de famille russe le plus courant. C’est un homme d’une trentaine d’années, brillant, actif, séduisant intellectuellement mais qui se morfond depuis quelque temps dans un mélange de mélancolie et d’apathie. Non pas qu’il ne soit pas satisfait de sa vie, mais tout simplement parce qu’il s’ennuie… Ses idéaux l’ont quitté, le monde ne change pas, il n’est ni un salaud ni un héros, il est à la fois beau et lâche, honnête et injuste, drôle et amer. Pour se divertir et ne pas trop réfléchir, il passe ses soirées chez ses voisins les Lebedev, un couple aisé qui organise souvent des fêtes, et dont il va tomber amoureux de leur fille de vingt ans… Un amour qui va éveiller chez lui un goût étrange, la nostalgie de sa propre jeunesse…
Armel Roussel a inventé une nouvelle variante d’Ivanov de Tchekhov en mélangeant les deux versions existantes – la comédie et la tragédie –, différentes traductions et en créant de nouveaux textes. Dans cette version d’Ivanov remixée, l’action de la pièce est transposée ici et maintenant, mais dans un ici qui parle d’ailleurs et un maintenant empreint de nostalgie pour un futur à venir. En évoquant à travers la figure d’Ivanov la nouvelle vague et le XXème siècle, Armel Roussel, qui vit et enseigne à Bruxelles, dont le travail a plusieurs fois été distingué, notamment par le Prix de la critique du théâtre et de la danse, meilleur spectacle en 2009, poursuit une recherche sur le comment vivre ensemble et sur les dualités espoir/désespoir, optimisme/pessimisme, individu/collectif, engagement/désengagement. À nul autre pareil, son théâtre a la beauté fragile des grandes épopées intimes.
« Mais impossible de ne pas nommer Nicolas Luçon faisant sentir comme jamais le désarroi du personnage central, et livrant, dans la deuxième partie, un monologue bouleversant. À travers lui, c’est toute une équipe magnifique que l’on salue. » Jean-Marie Wynants - Le Soir


