Noddles, un homme de 60 ans, revient à New York suite à une mystérieuse invitation. Un souvenir le hante, celui où, effrayé par le projet de hold-up de son meilleur ami Max, il avait dénoncé tous ses amis d’enfance à la police qui furent abattus.
Fruit de treize années de gestation, l’unique film américain de Leone est à la fois un somptueux film de gangsters et une méditation sur l’emprise et les mirages du passé. Long flash-back qui nous fait remonter aux sources de l’histoire de Noddles, de son enfance pauvre à la prohibition, le film se déroule tel un fleuve majestueux. C’est l’histoire d’une trahison et d’un rêve de cinéma, celui de Leone réalisant enfin son film américain tout en en sapant les fondements mêmes. On peut voir ce film comme le rêve opiacé d’un Noddles tentant d’oublier le poids du passé dans le cocon d’une fumerie clandestine. On peut y voir aussi une œuvre crépusculaire, magistralement contée, l’écho «leonien» du grand cinéma américain qu’aima tant le cinéaste.
Le chef-d’œuvre ultime de Sergio Leone. (Les Inrockuptibles)

