C’est en total «free texte style» que Jacques Gamblin, un habitué désormais de la Maison de la Culture d’Amiens, où il a aimé répéter sa dernière création Tout est normal, mon cœur scintille, revient cette année accompagné du grand jazzman et écrivain Laurent de Wilde. Ensemble, les deux artistes se sont lancés dans un vaste exercice d’improvisation, le choc des mots, le poids des notes, et ça phrase, ça raconte, scande, slamme, rythme, impulse, crache, rappe… Les mots et les notes se séduisent et se subjuguent, évoquent le désir de jouer, de dire et le désir d’en jouir. À ce festin, Gamblin convoque Langston Hughes, Alain Gerber, Jean-Paul Sartre, Christian Gailly, Jean-Louis Comolli, Mezz Mezzrow, Laurent de Wilde et lui-même… pour raconter l’amour du jazz : «Les joueurs de jazz ouvrent la caisse à notes et avant même qu’elles ne soient classées, triées, avant même que les instruments ne se calent entre les mains, deux cuisses ou deux lèvres, déjà ça joue ! C’est partiiiii ! … Quand cela s’arrête-t-il ? On ne sait pas, c’est du jazz ! L’envie presse l’invention. Jouer, désirer jouer, désirer, aimer si affinités… C’est toujours physique, organique, pulsionnel, c’est toujours… improvisé. Et c’est ce qui me fait triper !».
Cinq musiciens accompagneront les deux compagnons joueurs et jouteurs dans cette jubilante conversation à notes et mots rompus.


