Michele sort avec Sylvia qui travaille dans le cinéma. Ce qui donne lieu a de longues conversations sur le cinéma italien. Michelle a aussi des relations conflictuelles avec ses parents, victimes désignées de ses frustrations. Le reste du temps, il traîne avec un groupe d’amis, écoute les premières radios libres et se laisse aller à son mal être.
Reprenant le personnage de Michele, Moretti poursuit l’introspection, la sienne et celle de sa génération. Chronique d’un groupe en vacance, vacance de désir, de réflexion, d’action, Ecce bombo est, à sa façon, le film du reflux, reflux des utopies gauchistes et libertaires au moment où les bombes des années de plomb et la répression policière ont pris le dessus. Moretti filme cela « de biais » entre dérision et émotion : son regard semble figer ses personnages dans une enfance sans fin, entre rires et larmes. Entre le babil de certains et le laconisme des autres, Ecce bombo filme une réalité prenant le pas sur l’utopie.
Je n’ai aucun sixième sens. je cherche simplement à regarder avec attention le monde qui m’entoure.
Nanni Moretti

