Dieu ne croit plus en nous
Une trilogie d’Axel Corti 1/3

Axel Corti et son scénariste Georg Troller retracent à travers les trois films qui composent cette formidable trilogie, Welcome in Vienna, la vie et l’itinéraire chaotiques de jeunes Juifs autrichiens, relatant leur exode de Vienne à New York, suite à l’annexion de l’Autriche par Hitler, en passant par la Tchécoslovaquie et la France, avant de revenir dans leur pays sous l’uniforme américain. À travers le périple de ces individus «comme tout le monde», l’œuvre d’Axel Corti dévoile des pans de l’histoire rarement abordés au cinéma : les camps d’internement des étrangers et des réfugiés allemands, juifs et anti-nazis, en France, la dure réalité d’un exil loin du rêve américain, la difficulté à retrouver une identité au sortir de la guerre où déjà celle, future et qui sera dite froide, se prépare. Imbriquant étroitement, avec un rare sens de la narration et de la composition, les fils de destinées individuelles à la marche de l’histoire, Welcome in Vienna dresse le portrait d’une Europe au bord du gouffre, où la question raciale et les peurs qu’elle charrie, broient les individus et les communautés, et où la notion d’identité est fondamentalement remise en cause. Une formidable «leçon d’histoire» et une grande œuvre cinématographique qui ne peut avoir que des résonances avec aujourd’hui.




Dans Dieu ne croit plus en nous, nous sommes à Vienne en 1938. Après le meurtre de son père par les nazis, Ferry Tobler, un adolescent juif, fuit l’Autriche. Il échoue à Prague où il rencontre un Allemand anti-nazi échappé de Dachau. Avec d’autres émigrants juifs, ils parviennent à Paris. Arrêtés, ils sont internés par les autorités françaises dans un camp à Saint-Just-en-Chaussée. Profitant du chaos qui suit l’invasion allemande, ils s’échappent vers Marseille espérant s’embarquer pour les États-Unis.


Dans Santa Fé, Les émigrés autrichiens découvrent en Amérique l’isolement de ceux sans ressources. Freddy Wolff, l’un d’eux, trouve un travail et noue une relation amoureuse avec la fille de son patron. Il rêve de Santa Fé. Mais sa position, comme celle des autres immigrés, devient intenable : naguère persécuté comme juif, puis ensuite stigmatisé comme immigré, il est bientôt assimilé à l’ennemi allemand dès l’entrée en guerre des U.S.A. Il s’engage alors dans l’armée américaine pour regagner l’Europe.


Enfin avec Welcome in Vienna, nous retrouvons Vienne. Nous sommes en 1945 et la guerre est terminée. Freddy Wolff et George Adler, Autrichien et Allemand d’origine, sont devenus des soldats américains. Vienne est en ruine et le marché noir y règne en maître. L’Autriche se présente comme une victime du nazisme, tentant d’oublier son triste passé. Freddy, lui, refuse cette hypocrisie générale.

Chaque film peut être vu séparément, mais voir la trilogie s’impose comme un événement cinématographique rare.

 

Attention, chef d’œuvre. (Le Point)

Admirable. (L’Humanité)

 


Tarif cinéma - de 4,05 à 7,10 €
Cinema Orson Welles

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