Varosha est, dans Famagusta, une ville fantôme. Abandonnée par ses habitants forcés de partir, elle reste vide, surveillée par une armée, telle une pomme de discorde non seulement au sein de la cité mais, également, de l'île de chypre. Il serait tentant d'aborder ce sujet par la mémoire, ses traces, ses restes, ses souvenirs écrans, ses représentations d'un passé révolu. C'est, cependant, sous l'angle des espaces suspendus que le sujet sera documenté. La géographie urbaine est en effet, comme le montrent si bien les ruines, une manifestation spatiale de l'histoire, de ses échecs et de ses réussites, de ses guerres et, quelquefois, de ses paix. c'est pourquoi c'est sur les sutures et les coupures, les éloignements et les rapprochements, surtout tels qu'ils se révèlent spatialement, que le projet Famagusta entend attirer l'attention, comme lorsqu'il s'agit de voir quelque chose d'invisible, d'entendre quelque chose d'inaudible, et, pour finir, de dire quelque chose d'indicible. Plus globalement, dans ces lieux comme dans beaucoup d’autres, mais là, cela aveugle, plusieurs mondes sont logés en un seul. Les fractures et les frottements entre ces mondes y sont particulièrement sensibles. En cela, Famagusta est exemplaire des décentrements qui font des entre mondes l’univers dans lequel nous vivons.
Le programme des conférences est coordonné par Seloua Luste Boulbina, philosophe
mardi 19 janvier
11h Présentation générale de la semaine
Françoise COBLENCE «ANAMNÈSES»
16h30 Étienne et Claire COPEAUX «L'enquête et la photo: Chypre 1995-2004»
mercredi 20 janvier
11h Jacinto LAGEIRA & Sophie RISTELHUEBER
16h30 Michael ZUPRANER (B’tselem) & Köken ERGUN «B’Tselem et HEB2 project»
jeudi 21 janvier
11h Paul ARDENNE & Lionel RUFFEL «Post-Tourisme»
16h30 Ghislaine GLASSON DESCHAUMES & Étienne BALIBAR «OPENING TRANSLATION»
vendredi 22 janvier
11h Caroline ZÉAU, José Luis GUERIN «UN CINÉMA DE L’ENTREDEUX»
16h30 Brian HOLMES & Seloua LUSTE BOULBINA «CONTINENTAL DRIFT»
samedi 23 janvier
11h Androula MICHAEL & les artistes
16h30 Victor BURGIN & Rasheed ARAEEN (sous réserve) «THIRD TEXT»

