Sylvain voue sa vie à un cinéma de quartier condamné à disparaître. Il habite au sous-sol de la salle dont il est programmateur, caissier et projectionniste. Chaque nuit, après la dernière séance, il sort pour un rituel meurtrier.
Remarqué pour son premier long-métrage, Le dernier des fous, couronné du Prix Jean Vigo 2006, Laurent Achard a choisi pour son second film de s’affronter à un cinéma de genre, le slasher (film centré sur un tueur en série) tout en inscrivant sa fiction autour du cinéma. Le résultat est un film qui, tout en respectant les codes du genre (solitude du personnage, la nuit, l’arme blanche…) jusqu’à les rendre presque abstraits, met en scène un personnage vivant dans un perpétuel décalage entre son activité professionnelle, passionnelle, et sa dérive meurtrière, oscillant entre un rituel lié au cinéma et un autre lié au meurtre. Sylvain vit à la lisière du monde, par procuration, quasi somnambulique. Et ainsi, lentement, le film glisse d’une forme de réalisme vers les contrées du conte avec ses comptines, sa scène primitive.

