Dans une nature hostile et dure, en douce marge du monde, Curling s’intéresse à l’intimité d’un père et de sa fille solitaire de 12 ans. Entre les boulots ordinaires et peu gratifiants, le père consacre de façon maladroite et rigide un temps à sa fille Julyvonne. L’équilibre déjà fragile de leur relation va être mis en péril par des événements extérieurs et singuliers.
Ancien critique, auteur de cinq films dont la plupart couronnés dans divers festivals, Denis Côté, intronisé «chef de file d’un jeune cinéma québécois», est un auteur à découvrir. Curling possède en effet d’indéniables qualités cinématographiques tant dans la figuration d’un espace naturel et social raréfié que dans la description tout en nuances d’une relation père/fille, de l’absence au monde de cette cellule familiale en retrait. Le film ne suit jamais totalement les lignes scénaristiques qu’il ouvre, nous faisant au contraire voyager d’un univers à un autre, d’un fait à un autre, d’un ressenti à un autre. Les paysages hivernaux et glacés semblent alors l’écho de sourdes émotions qui peinent à affleurer à la surface du monde.

