THEATER CREATION MCA PRODUCTION
Chocolat, clown nègre
De Gérard Noiriel | Adaptation pour la scène de Gérard Noiriel et de Marcel Bozonnet

 Représentation supplémentaire mardi 14 février à 19h30


Dans l’histoire de l’humanité, un petit nombre d’individus ont eu un destin hors du commun, non seulement parce que leur trajectoire leur a permis d’échapper à la condition sociale que leur origine rendait probable, mais aussi parce qu’ils ont été porteurs, sans le savoir, des grands bouleversements qui ont changé la face du monde.

 

Rafaël, le « clown Chocolat » a été l’un de ces hommes. Issu d’une famille africaine réduite en esclavage et déportée à Cuba, dans un bateau négrier peut-être parti de Bordeaux (nous n’en savons rien), Rafaël est mort dans cette ville en 1917, ignoré de tous, après avoir été le clown le plus populaire de la scène parisienne à la Belle Epoque.

 

Le « clown Chocolat » a connu la célébrité parce qu’il a été le « représentant » du monde noir au moment même où le peuple français découvrait son existence. Dans son duo avec Foottit, le clown blanc, Chocolat a incarné le stéréotype du nègre battu mais content, dont la République avait besoin pour justifier la colonisation.

 

Mais la popularité de ce duo de clowns s’explique aussi par des raisons proprement artistiques. Par leur art du déguisement et par leur gestuelle, ils ont inventé la comédie clownesque, grâce à des « performances » supprimant les barrières qui séparaient jusque là le cirque, le théâtre, le café-concert et le music-hall.

 

Décrit comme un « étrange représentant de notre espèce » dont les « gestes saccadés rappellent vaguement la race simienne », Rafaël fascine, mais il n’est pas compris. Quinze ans avant le triomphe du cake walk, c’est lui qui familiarise le public français avec la posture caractéristique du corps afro-américain, que William Lhamon définit comme le symbole de la « course-fuite » inventée en Amérique par les esclaves en quête de liberté, et qui s’est transmise jusqu’à nous, de génération en génération, grâce à la musique et à la danse. Les jeunes Noirs issus de l’immigration qui dansent aujourd’hui le hip hop sur le parvis des cités de banlieue rendent hommage sans le savoir à Rafaël, le clown Chocolat, qui a été aussi un merveilleux danseur, comme l’illustre la célèbre lithographie que lui a dédié Toulouse-Lautrec.

 

Ce spectacle est un hommage au premier artiste noir de la scène française et aux diverses facettes de son talent. Mais il aborde aussi des questions terriblement actuelles : la diversité, les stéréotypes, le devoir de mémoire.

Gérard Noiriel




 


Price A - 9 € / 20 €
Petit Théâtre

Ouverture réservation
Adhérents: 05/11
Public: 19/11

Adaptation pour la scène de Gérard Noiriel et de Marcel Bozonnet

Mise en scène Marcel Bozonnet assisté de Manon Conan

Costumes Renato Bianchi
Chorégraphie Natalie Van Parys
Vidéo Marc Perroud
Dispositif Marcel Bozonnet et Renato Bianchi avec la collaboration de Sara Sablic
Réalisation des costumes Sylvie Lombart

Dramaturgie Joël Huthwohl
Conseillère image Judith Ertel

Interprètes :
Yann Gaël Elléouet
Sylvain Decure
Manon Combes Zuliani
Ode Rosset
Marcel Bozonnet



Production : Maison de la Culture d’Amiens – Centre de création et de production, en coproduction avec la compagnie des Comédiens-Voyageurs
Résidence d'aide à la création à La Brèche, Pôle Régional des Arts du Cirque, Cherbourg-Octeville (Manche)
Résidence d’écriture au Centre National des Ecritures du Spectacle, La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon
Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National
En partenariat avec l’Académie Fratellini

Avec la collaboration du collectif DAJA