Dans un jardin public, deux enfants de onze ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la «victime» demandent à s’expliquer avec les parents du «coupable». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l’affrontement. Où s’arrêtera le carnage ?
Depuis ses débuts, Polanski n’a eu de cesse de montrer ce qui pouvait se dissimuler derrière le vernis, qu’il soit social ou individuel. Dès Le couteau dans l’eau, il a mis en scène des individus qui, placés dans une situation conflictuelle, vont se déliter et laisser surgir des violences, des «répulsions» insoupçonnées, passant ainsi de l’autre côté du miroir. Adaptant une pièce à succès de Yasmina Reza, qu’il transporte de Paris à Brooklyn, Polanski s’en prend, avec délectation, au politiquement correct de ses personnages, qui de bien pensant vont glisser vers une pure animalité. Les masques tombent avec fracas. Comme toujours chez lui, la mise en scène est au cordeau, les acteurs sont parfaits et la mécanique implacable.
On peut laisser libre cours à l’admiration éprouvée devant un opus brillant. (Positif)

