La boxe, c’est déjà de la danse. C’est ce qui a frappé Mourad Merzouki, lorsqu’il a découvert le hip-hop après de nombreuses années de pratique des arts martiaux. Si l’une est assimilée à la violence, l’autre est synonyme de grâce et de légèreté. «J’ai paradoxalement retrouvé ces deux états dans chacune de ces deux pratiques. Pour cette création, Boxe Boxe, je joue sur ces contrastes, car à chaque élément de la boxe correspond une dimension de l’art chorégraphique. Du ring à la scène, du gong au lever de rideau, de l’arbitre au regard des critiques, les similitudes me paraissent évidentes et nombreuses. La danse tout comme la pratique d’un art martial nécessite labeur, sueur et efforts non comptés. Dans ces deux univers, l’interprète se met en jeu, il subit la même mise en abîme, face à son adversaire ou face au regard d’un public. La mise en danger, ce regard de l’autre, le saut dans l’inconnu et finalement la bataille que chacun mène avec soi-même, sont moteurs.»
Mourad Merzouki, le prince du hip-hop, retrouve avec l’élégance et l’excellence qui le caractérisent les sensations de sa jeunesse. C’est accompagné du Quatuor Debussy qu’il invite sur le ring, outre ses nombreux danseurs, Ravel, Schubert, Verdi, Mendelssohn, pour un combat à défi lancé comme peu de rings ont dû en connaître !
« Mourad Merzouki puise dans ses souvenirs la matière de ce Boxe Boxe, nouvel opus qui fit exploser l’applaudimètre de la Maison de la Danse. Jouant sur la mythologie de ce sport, art de l’esquive et du mouvement pas si éloigné du pas de la danse, Merzouki s’amuse d’un combat de gants de boxe sur un ring miniature, parodie les manies de l’arbitre, ici une sorte de culbuto humain… Boxe Boxe s’impose comme un pur divertissement où le hip-hop de base de Mourad Merzouki fait merveille ! »
Philippe Noisette - Les Échos


