Un couple de radicaux, en fuite depuis un attentat commis dix-sept ans plus tôt contre une usine de napalm durant la guerre du Vietnam, essaie de reconstituer, dans la clandestinité et le nomadisme, une unité familiale à la fois exilée du monde et désireuse d’y survivre.
C’est un sujet peu fréquent dans le cinéma américain, même celui, contestataire, des années 70. Et c’est aussi l’un des meilleurs films de Sidney Lumet, cinéaste prolifique dont la carrière est jalonnée de belles réussites, Serpico, Le prince de New York, Un après-midi de chien, Network, The offense. Il faut ainsi redécouvrir ce remarquable film qui nous plonge dans le contexte politique et utopique, des années 70, tout en mettant en scène un double itinéraire, celui, imposé aux parents,
celui du fils aîné désireux de changer de vie, et décrivant simultanément un passage à l’âge adulte et la fin d’un lien familial. A bout de course est la description des effets d’un engagement politique et du poids de la société.
Déchirant passage de relais entre générations, un pont dressé au-dessus du vide où circulent, dans un dépouillement exemplaire, les plus intenses émotions. (Les Inrockuptibles)

