Petite robe rouge perlée de sensualité, chargée du parfum entêtant d’une sulfureuse et provocante féminité, L’Italienne à Alger, telle que veut la (dé)vêtir la metteure en scène Sandrine Anglade, a tout de la Sylvia tant aimée par Mastroianni dans La dolce vita de Fellini. Elle est «la première femme du premier jour de la création du monde, la mère, la sœur, l’amante, le diable et l’ange, la halte, le refuge dans la tempête…».
L’œuvre de Rossini se situe dans un Orient fantasmé, jouant des lieux propres du livret de la tradition des «opéras turcs».
Isabella, une jeune et séduisante Italienne, accompagnée de Taddeo, entreprend un périlleux voyage à Alger pour libérer Lindoro, son amant, retenu comme esclave dans le sérail de Mustafà. Ce dernier tombe amoureux fou d’Isabelle et cherche à se débarrasser de sa femme Elvira. Isabella réussit à berner Mustafà, à venger Elvira et à prendre le large avec son amant. Cet opéra, onzième en titre des œuvres scéniques de Rossini, dépeint les mœurs extravagantes et orientalistes, tout en enchaînant dans une folie opératique de haut vol d’innombrables numéros mémorables, miroirs d’une société qui préfère situer ses débordements chez les Turcs plutôt qu’à la maison ! C’est Pascal Verrot qui conduira l’Orchestre de Picardie dans cette épopée lyrique, mise en scène par Sandrine Anglade et servie par sept solistes de réputation internationale.
Pour la représentation du jeudi 6 décembre :
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