Genre : Tendance Europe – Théâtre / création – production déléguée

Une mouette d’après Tchekhov

mardi 23 > jeudi 25 janvier 2018
New Dreams

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Dix ans après Le Mort de Bataille, Christian Rist et ses camarades reviennent avec cette Mouette pour deux acteurs. Ils abordent la pièce comme une méditation sur le théâtre.

Cette réduction à l’épure, loin d’assécher l’œuvre, lui rend une présence saisissante. «Il faut des formes nouvelles», dit Treplev…  «Peindre la vie telle qu’elle se représente en rêve !» Et Tchekhov : «Des formes nouvelles, oui, pas besoin de sujet ! Dans la vie tout est mélangé, le profond et l’insignifiant, le sublime et le ridicule…». Ici Arkadina et Trigorine sont Nina et Treplev, et vice-versa. Aux frontières ténues de l’acteur et du personnage, Laure Wolf et Lionel Monier, d’une réplique à l’autre, croisent leur double, changent imperceptiblement d’identité et d’âge. Dans une intimité de jeu sans coulisses, c’est de plain-pied qu’ils confient au public les questions essentielles du théâtre : fidélité ou trahison vis à vis de soi et des autres, gloire ou vanité de l’idéal et de l’art. Tchekhov voulait être joué «d’une façon toute simple… à l’inverse des lois du théâtre… Pas de décor, l’espace nu, peu d’action, une tonne d’amour… et puis de bons acteurs, qui jouent».  Une pauvreté technique choisie, qui devrait mener aussi cette Mouette vers des publics hors-circuit. Et on imagine alors une réplique de spectateur : «Je n’y comprends rien ou je suis devenu fou, mais la pièce m’a plu. Il y a quelque chose là-dedans. Quand cette petite parlait de solitude, quand les yeux rouges du diable ont parus, moi, d’émotion, j’avais les mains qui tremblaient.»