Genre : Théâtre musical / coproduction

23 rue Couperin

Point de vue d’un pigeon sur l’architecture

mardi 10 > jeudi 12 octobre

Quelle mémoire après la destruction des immeubles ?
Les récits de vie d’Amiens vus par un metteur en scène qui a grandi dans les quartiers Nord.

En 2019 sont prévues les destructions d’une des huit barres d’immeubles HLM qui composent Le Pigeonnier, quartier d’enfance du metteur en scène Karim Bel Kacem désormais installé en Suisse. Situé dans la zone d’Amiens-Nord, «Le Pigeonnier», premier quartier français à subir le couvre-feu depuis 1962 lors des émeutes de 2005, sera ainsi amputé d’un de ses plus imposants bâtiments. Ces barres d’immeubles, sont celles que le metteur en scène a arpentées et habitées jusqu’à ses 17 ans. Ce sont les tours de sa famille, de ses souvenirs dont ses premiers émois amoureux. «Outre le fait de porter le nom d’un habitat de pigeon, l’autre particularité de mon quartier d’enfance était que tous les bâtiments portaient celui d’un compositeur de musique: Francois Couperin, Wolfgang Amadeus Mozart, André Messager avaient pour voisins Maurice Ravel, Claude Debussy, Charles Gounod, Gustave Charpentier et César Franck» se rappelle Karim Bel Kacem. L’évocation de ces souvenirs intimes, de ces habitants ne peut se faire qu’en questionnant l’origine politique et sociale de ces architectures si décriées, qui sont pourtant un pan entier de l’histoire de notre pays. 23 rue Couperin est donc une pièce politique, musicale et visuelle. Un dialogue entre des acteurs bien réels et des habitants quasi «invisibles». La partie visuelle sera réalisée avec des prises de vues du ciel, le regard des pigeons en quelque sorte, sur ce monde et les hommes qui y habitent.
Entouré du compositeur Alain Franco et de l’ensemble Ictus (Alain Franco a collaboré avec les plus grands dont Anne Teresa de Keersmaker, Romeo Castellucci, Meg Stuart ou Jan Lauwers…), Karim Bel Kacem est revenu sur place à plusieurs reprise pour écrire la partition de la pièce. Il y a rencontré ses anciens amis, l’un devenu maire-adjoint, l’autre qui a «perdu les pédales»… On lui a reparlé des émeutes, de la mosquée, des harkis et de Goodyear… 23 rue Couperin ou quand les petites histoires font la Grande Histoire…

Médias

© Isabelle Meister
© Isabelle Meister
© Isabelle Meister
© Isabelle Meister
© Isabelle Meister
© Isabelle Meister
© Isabelle Meister
© Isabelle Meister

Presse

C’est l’histoire d’une cité racontée par un pigeon ! Bien plus qu’une pièce de théâtre, c’est à la fois un « poème scénique », comme le dit le metteur en scène, ainsi qu’une fable musicale.

R.E.E.L.

Karim Bel Kacem possède un vrai talent qui nous plonge dans ce brasier ardent.

Le Courrier

Ce n’est pas cependant un discours catastrophiste sur la réalité des banlieues ou pire, la vision condescendante de celui qui en est sorti sur ceux qui sont restés, mais un jeu formel et toponymique qui permet un propos sensible et panoramique.

I/O Gazette

Le début de 23 rue Couperin, raconte bien l’impasse de ces espaces conçus pour héberger en masse les travailleurs de l’immigration sans trop se soucier de leur respiration. La suite, qui relève du documentaire, puis de la composition musicale et enfin du jeu dresse un portrait pluriel du lieu (…). C’est en quelque sorte pour lui donner une parole lyrique que le metteur en scène a commandé cet « opéra des cités ».

Le Temps