Les œuvres

LES WADERS

Stéphanie Cailleau, plasticienne

Étang de Clermont

© Yann Monel

L’œuvre

Les waders, ou cuissardes, ne sont bien connues que des pêcheurs : en caoutchouc ou en néoprène, ces bottes-combinaison protègent celui qui pénètre dans l’eau, canne à pêche à la main. Un objet assez technique et sans poésie particulière, que l’artiste Stéphanie Cailleau prolonge ici en une fascinante créature, grâce au feutre de laine. Très solide, ce matériau, l’un des plus anciens textiles au monde, résiste en effet jusqu’à deux ou trois mois dans la nature, à tel point qu’on l’utilisait autrefois pour réaliser le toit des yourtes… Ici, la plasticienne s’en saisit pour une installation mystérieuse, à la frontière de la réalité et du conte : en allongeant les waders à l’aide de feutre, elle les transforme en arbre. Sur un îlot des Hortillonnages, se promènent donc sept de ses étranges créations, mi-humaines, mi-végétales, poilues ou branchues, selon les matériaux que l’artiste a souhaité intégrer à la laine. L’une d’elles présente même une fermeture éclair, permettant au promeneur curieux de glisser un œil dans l’un de ces êtres du marais…

L’artiste

Avec humour, l’artiste Stéphanie Cailleau se qualifie souvent de « feutreuse tout terrain » : fille d’agriculteur, venue à la nature de fil en aiguille, elle développe, après des études à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, une œuvre polymorphe, à la lisière du land art et de l’art textile. Son medium privilégié, le feutre, pour une pratique in situ, au plus près de la nature.