Un poète qui brûle la vie par les deux bouts… Stanislas Nordey incarne Baal, personnage-titre de la première pièce de Bertolt Brecht.

Les mains dans les poches, la tête pleine de rêves, Baal traverse des paysages aux ciels violacés. Par des nuits étoilées, il s’endort dans des mansardes. Dans le foin. Après s’être enivré, des heures durant, dans l’ambiance remuante de tavernes, de cabarets… Baal est un poète à l’âme lyrique. Un homme assoiffé de chair, de schnaps, de mots, qui n’a de cesse de vouloir jouir des plaisirs de la vie. Il aurait pu suivre un autre chemin. Faire éditer ses poèmes. Connaître le succès et la reconnaissance du monde. Mais il refuse tous les faux-semblants. Tous les compromis. Toutes les conventions sociales de la société bourgeoise.
Œuvre d’un jeune dramaturge de 18 ans (Bertolt Brecht a écrit cette première pièce en 1918), Baal relate l’errance – existentielle, poétique, philosophique, politique – d’un homme qui ne s’impose d’autre règle que d’être libre. Que d’aller où le portent ses humeurs, ses envies. Sans s’encombrer de quoi que ce soit. Pour interpréter ce personnage hors norme, la metteure en scène d’origine amiénoise Christine Letailleur a choisi le comédien Stanislas Nordey. Un rôle à la démesure du directeur du Théâtre National de Strasbourg, qui nous fait ressentir toute la fougue et le désœuvrement d’une jeunesse vivant au lendemain d’un monde traumatisé par la guerre. Mais c’est, en fait, un être sans époque et sans âge qui s’adresse à nous à travers lui. Car Baal est de tous les temps.
Christine Letailleur a remporté récemment un grand succès avec sa mise en scène des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos interprétées par Dominique Blanc (Molière 2016 de la meilleure comédienne) et Vincent Pérez.

Medias

© Brigitte Enguérand
© Brigitte Enguérand
© Brigitte Enguérand
© Brigitte Enguérand
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Press

C’est splendide et l’effet de la fin nous saisit profondément. Ce qui est très réussi, c’est l’accord profond, les correspondances du texte aux lumières, du décor aux mouvements et à l’interprétation. Les comédiens sont tous remarquables. Ils sont enthousiasmants. Famélique et lumineux, articulation claire, traversé par les mots du poète, Stanislas Nordey est une fois de plus sidérant de vérité et de science musicale du texte. Il est poète lui-même.

Le Figaro

Une belle équipe d’acteurs au service d’une pièce ivre de poésie.

Médiapart

La performance de Stanislas Nordey qui interprète Baal, millimétrée, intense de bout en bout, impressionne. A l’actif de Christine Letailleur, on retiendra aussi la belle atmosphère de nuit éternelle…

Les Échos

La qualité de la mise en scène tient dans les couleurs somptueuses et tragiques des cieux à l’arrière-plan et dans le jeu d’ombres chinoises portées par les personnages sur les décors dépouillés, tout cela accompagné d’un subtil bruitage de vent.

La Croix